Coaching mental 2


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Patricia Balsiger, la responsable formation dans le cadre de la relève régionale cheval a organisé une séance de coaching mental à Avenches au Haras National mercredi dernier. C’est M. Nicolas von Burg qui a animé la soirée et c’était super intéressant car j’effectue mon travail de maturité sur le coaching mental du cavalier. Il va être difficile de vous résumer la séance de deux heures mais je vais vous donner quelques clés intéressantes et qui, à mon avis, devraient aider tout cavalier de compétition.

sans-titre2La préparation mentale suggère, comme son nom l’indique, une préparation, c’est-à-dire un travail, un entraînement. Au même titre que se laver les dents, il faudrait intégrer des exercices quotidiens. Le coaching mental est un travail d’introspection, de découverte de soi et il s’agit d’examiner la partie invisible de soi-même. Il y a trois éléments importants: notre Comportement, nos Pensées et nos Emotions. Nos Emotions sont en relation avec les Emotions du cheval ce qui rend le sport équestre vraiment intéressant.

En compétition il n’y pas d’échec mais que des performances. Il ne faut pas regarder que le résultat mais féliciter la performance, valoriser le progrès, valoriser ce qui est positif. Par exemple, après une faute sur un parcours on devrait pouvoir se dire: « j’avais un bon rythme, mes conversions ont été maîtrisées, je vais soigner mes entrées de double et je vais garder la tension jusqu’à la fin » et ne pas dire: « mon entrée de double était totalement foirée, mon cheval était nul, à la maison il saut des montagnes et là il fait juste exprès quoi, se faire le dernier, sale bête« .

L’objectif du sportif doit être clair. Il ne sert à rien d’avoir un magnifique voilier et avoir des conditions météos idéales si on ne sait pas dans quelle direction on veut aller. On distingue donc deux sortes d’objectifs: l’objectif de résultat (je vais me classer dans les 5 premiers en R130) et l’objectif de performance. L’objectif de performance est un objectif qu’on peut soi-même influencer et qui dépend de soi (je vais améliorer la qualité de mon galop). En tant que sportif, l’objectif doit être une motivation mais lors de la compétition il ne faut pas penser au résultat car c’est trop stressant. Il ne faut penser qu’à la performance. S’il y a une sélection pour un championnat et que ce parcours va être décisif, il ne faut PAS penser à ce qui peut ou pas arriver en cas de victoire ou d’échec au moment où on est en piste.

La visualisation est importante. En visualisant ce qu’on veut faire, on arrivera mieux à le faire. Le soir avant une compétition, il serait idéal, avant de s’endormir, de se visualiser sur le parcours.

sans-titre1Après le parcours, il s’agit de ne pas donner un feed-back immédiatement. ça c’est vraiment le pire chez moi car comme ma maman me coache souvent en parcours on s’engueule à chaque fois que ce n’est pas allé correctement et des fois même quand c’est bien allé… Donc, on devrait en sortie de piste, détecter quelle couleur on ressent: ROUGE ou VERT. Rouge représente les émotions négatives et vert les positives. Faites un test maintenant. Que voyez-vous ? Rouge ou vert ? La réponse est immédiate. Tant qu’on visualise le rouge il ne faudrait JAMAIS discuter du parcours car l’émotion est trop forte. Il faut donc entre 5 minutes et 24 heures pour revenir sur une émotion neutre (48 heures suggérant qu’il y a quand même un problème ;-)). De plus, c’est au cavalier de donner en premier le feed-back et ensuite à l’entraîneur. C’est donc un échange qui doit être positif et permettre d’évoluer.

Un autre élément qui m’a paru très intéressant c’est de savoir résister à la victoire et résister à la défaite. Tiens, tiens me direz vous… Et bien c’est très simple, si vous avez perdu il va falloir garder le moral et si vous avez gagné il va falloir ne pas être trop confiant car celui qui a perdu va continuer de s’entraîner durement pour le prochain concours lui, il vise la victoire). En saut d’obstacles c’est souvent comme ça. On galère pour classer et quand on arrive deux trois fois de suite à des résultats on a l’impression qu’on a atteint un niveau d’invincibilité et que désormais on forme avec notre cheval une paire imbattable mais hélas, tout à coup, sur le prochain parcours, c’est l’événement de type refus qui survient, ce qui est extrêmement dépitant.

Nicolas von Burg a également abordé une thématique vraiment intéressante qui concerne la motivation. Il a dit que l’objectif final est représenté par les valeurs du sportif, c’est que qui donne sens à ce qu’il fait, ce qui donne une signification. Dans la vie, certaines personnes, arrivées vers la quarantaine ont tout à coup plus du tout envie de faire ce qu’elles font car cela a perdu de sens. Ainsi, le sportif réalise tous pleins de petits objectifs (si on les dessine, des petites bosses) pour réaliser un objectif final (une grooooosse bosse). La préparation mentale permettant d’accélérer la progression. Par exemple, moi, je me vois cavalière. Je me vois évoluer dans le monde du cheval et monter des chevaux. Mon but final est d’être active dans le monde équestre et si possible à un bon niveau et c’est ce qui donne sens à ce que je fais, mes entraînements, mes concours. Quand il pleut des cordes sur le paddock et que j’ai trois entraînements de saut d’affilée et que mes chevaux ne sont pas coopérants, que j’ai encore une évaluation à préparer pour demain, ma motivation je la trouve dans mon but final. M. von Burg a également expliqué que jusqu’à 15 ans le sportif avait l’impression que tout pouvait arriver alors qu’entre 16 à 20 ans, le rêve devient moins accessible, qu’on se rend plus compte qu’on pourra pas si facilement aller aux Jeux Olympiques.

Un autre truc que j’ai appris c’est que l’être humain est un système. C’est comme si on était un gros bonhomme et que dans ce grand bonhomme il y avait des petits bonhommes qui représentaient en chacun de nous une personnalité. Par exemple, il y a le petit bonhomme social qui voudrait être avec ses amis, le petit bonhomme étudiant qui voudrait faire des bonnes notes, le petit bonhomme sportif qui veut des résultats, etc. Et si nos petits bonhommes ils tirent chacun sur la corde, pas dans le même sens, ça risque déjà de pas avancer et au final y’a tout qui va péter ! C’est donc l’alignement de tous nos petits bonhommes qui permet d’être bien sa tête. Pour ma part, mes petits bonhommes sont assez bien alignés pour l’instant.

Il y a également les relations extérieures qui influencent la performance et on devrait noter de 1 à 10 la qualité de ces relations, déjà celle qu’on entretient avec son entraîneur, avec ses parents, avec son club, avec nos copains du club, etc. Déjà, avec l’entraîneur la note devrait être de 10, si c’est 5 y’a une discussion à avoir…

L’instant T a également été abordé. Il faudrait pouvoir être que dans le moment. Par exemple à l’échauffement, avant le parcours, on devrait avoir nos pensées que sur ce qu’on fait et pas avoir des pensées sur d’autres trucs (mon évaluation de math du lendemain par exemple). Avec le cheval, nos émotions influent sur la performance puisque lui va ressentir comment on est. Il s’agit dès lors de trouver le niveau d’énergie, de combativité, de positivisme, etc qui convient le mieux. C’est comme si on mettait un t-shirt écrit dessus: POSITIF, puis un deuxième par-dessus: COMBATTIF, etc. Il s’agit de choisir les t-shirts qu’on veut porter et l’ordre. Ce sont des états internes qu’il faut savoir doser.

Enfin, Nicolas von Burg, disait que lui il trouvait que beaucoup de sportifs n’étaient pas heureux en compétition et que pour lui c’était important d’être heureux et qu’il était nécessaire de se poser la question:

POURQUOI JE FAIS DE LA COMPETITION ?

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Finalement il a dit que la préparation mentale ce n’était pas de la magie et que ça se travaillait et qu’il fallait une réelle volonté pour en faire et que c’était comme si on voulait avoir de jolis abdos et bien il faut s’entraîner durement. A vos marques, prêts, partez !

 

 

 

 


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2 commentaires sur “Coaching mental